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Samedi 31 mars 2007 6 31 /03 /2007 12:07
medium_9782012372467.gif"200 mots pour changer la France" : Ségolène Royal se livre sur une multitude de sujets dans l'ouvrage "Maintenant" qui vient de paraître. Parmi les 200 mots : ADOPTION, MARIAGE HOMOSEXUEL, PROCRÉATION MÉDICALEMENT ASSISTÉE...

ADOPTION

Aujourd'hui, en France, un célibataire peut adopter un enfant mais pas un couple concubin. Trouvez-vous cette loi juste?

Lorsque j'ai réformé la loi sur l'autorité parentale, j'ai insisté sur l'égale responsabilité des deux : parents quel que soit le statut de leur couple (marié, concubin, divorcé ou séparé). Or que se passe-t-il aujourd'hui quand deux: personnes qui vivent ensemble sans être mariées veulent adopter? Seule l'une d'entre elles peut entreprendre les démarches, comme si elle était célibataire, et sera donc juridiquement reconnue comme parent unique. C'est d'autant plus ridicule que, par ailleurs, la loi reconnaît le concubinage et le P ACS et qu'elle ouvre le droit à la procréation médicalement assistée à un couple de concubins vivant ensemble depuis plus de deux: ans. De plus, le droit français a établi une complète égalité entre les enfants nés dans le mariage et ceux: issus d'une union libre. Empêcher un couple de concubins d'adopter est donc discriminatoire, décalé par rapport à l'évolution des familles et nullement conforme à l'intérêt des enfants. Une fois encore, la société est en avance sur les lois et les pratiques administratives.

Aux Pays-Bas, un couple homosexuel peut adopter un enfant. Au Danemark, un homosexuel a le droit d'adopter l'enfant adopté de son partenaire. En Angleterre, un couple d'homosexuels peut exercer l’autorité parentale. Quelle est votre position sur ces questions?

J'ai toujours considéré que la responsabilité éducative qui incombe aux parents est distincte de leur choix de vie personnel, qu'ils soient mariés ou non, qu'ils vivent ensemble ou séparément et qu'ils soient hétérosexuels ou homosexuels. C'est pourquoi, lorsque j'étais ministre de la Famille, j'ai considéré l'Association des parents gays et lesbiens comme un partenaire au même titre que les autres associations familiales. La loi sur l'autorité parentale votée sur ma proposition s'applique aux parents de même sexe comme aux autres.

Je crois qu'une politique familiale juste et efficace suppose des principes clairs et des règles qui s'appliquent à tous. Ces principes, pour moi, sont l'égalité des droits et des devoirs des parents, le refus de toute discrimination et l'intérêt de l'enfant. Cela fait partie de ce que j'appelle la république du respect. Comme vous le disiez, en effet, un grand nombre de pays européens reconnaissent une possibilité de parentalité partagée par des parents du même sexe (notamment en Allemagne, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Norvège, au Danemark, en Finlande...) et la possibilité d'adopter pour un couple homosexuel (en Espagne, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Scandinavie...). En France, quelques décisions d'adoption simple mais pas plénière ont été rendues pour des couples homosexuels, mais les jugements varient selon les juridictions.

Ainsi, certains préjugés ont reculé et les mentalités continuent à évoluer, même s'il reste encore du chemin à parcourir. De nos jours, une majorité de Français acceptent l'idée du mariage homosexuel. Ils sont, en revanche, un peu plus réticents sur l'adoption. Il faut continuer à convaincre car l'orientation sexuelle est sans lien avec les capacités parentales.

(…)

MARIAGE HOMOSEXUEL

Le mariage homosexuel est autorisé aux Pays-Bas, en Belgique ou encore en Espagne. Vous étiez contre puis récemment pour. Que s'est-il passé?

Vous êtes mal informée sur ma position ! Je n'ai jamais été contre le mariage des homosexuel(le)s, mais j'aurais préféré le mot « union ». Je sais que, pour une question de virgule mal placée dans la retranscription d'une rencontre avec des lecteurs du Parisien, on m'a fait dire que, pour moi, la famille traditionnelle, c'était un homme et une femme, alors que je citais ce que, traditionnellement, on tient pour ... traditionnel! J'ai été, je l'avoue, surprise qu'on me prête une conception de la famille si différente de l'idée que je m'en fais : diverse, plurielle, affranchie du modèle unique d'antan. Cela dit, j'ai pris le temps de réfléchir car les sujets qui touchent à la famille, souvent complexes et délicats, le méritent. Je n'ai, en revanche, jamais approuvé la gadgétisation médiatique du mariage homosexuel car j'ai toujours pensé que le débat méritait plus de sérénité.

Je n'accepte aucune forme de discrimination, ni celles qui prennent prétexte de la préférence sexuelle ni les autres. Je suis pour l'égalité des droits et c'est à ce titre que je ne vois aucune raison valable de refuser la possibilité de se marier à des couples homosexuels qui souhaitent officialiser leur union comme n'importe quels autres. Je me suis souvent adressée aux parents en leur demandant s'ils auraient le cœur de s'opposer au choix de vie de leur enfant si tel était son bonheur. La majorité des Français est d'ailleurs prête à accepter cette réforme.

(…)

PROCRÉATION MÉDICALEMENT ASSISTÉE

En France, contrairement à la Belgique, à l’Espagne et aux Pays-Bas, la procréation médicalement assistée est réservée aux couples stériles. Et donc interdite aux femmes célibataires. Qu'en pensez-vous ?  

Je fais d'abord un constat. Les femmes françaises célibataires qui en ont les moyens se rendent à l'étranger et bénéficient de la procréation médicalement assistée. Facilement contournée, l'interdiction en France est donc largement inopérante, voire hypocrite.

Je sais combien prendre la décision d'avoir un enfant est un engagement fort, une responsabilité pour toute la vie. Mais est-ce au législateur de décider qui est digne ou qui n'est pas digne d'avoir un enfant ? D'autant plus qu'une femme célibataire peut aujourd'hui adopter un enfant et fonder parfaitement légalement une famille monoparentale. Je pense donc que notre législation doit évoluer et je crois savoir que le comité d'éthique réfléchit à cette question.

Par Désirs d'amour - Publié dans : desirsdamour
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Jeudi 12 avril 2007 4 12 /04 /2007 21:30

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Jeudi 19 avril 2007 4 19 /04 /2007 12:00

Le Centre LGBT de Paris Ile-de-France a réagi aux propos du candidat UMP qui manie l'amalgame entre pédophilie et homosexualité, et qui évoque le caractère génétiquement déterminé de l'homosexualité. Voici leur communiqué :

On s'en doutait, Nicolas Sarkozy n'avait pas seulement isolé le gène de la pédophilie ou du suicide,  mais aussi celui de l'homosexualité et en voici la preuve !

Le Canard enchaîné du 18 avril révèle que lors de l'entretien avec « Philosophie Magazine »,  Nicolas Sarkozy n'a pas seulement affirmé que la pédophilie et le suicide des jeunes étaient génétiques, mais également l'homosexualité.

Michel Onfray est formel : «  Sarkozy a estimé, à ce moment de notre entretien, que l'homosexualité, comme la pédophilie, c'était génétique », mais il aurait toutefois précisé qu'il se gardait bien de confondre homosexualité et pédophilie.

Le rédacteur en chef de Philosophie Magazine justifie n'avoir pas retranscrit l'intégralité des propos de Sarkozy par la nécessité « de condenser 2 heures 45 d'entretien ».

Tenir de tels propos est parfaitement irresponsable et peut mener tout droit à l'eugénisme.

Le Centre LGBT Paris IDF est inquiet, le prétendant à la présidence de la République joue au petit généticien et affirme dans des amalgames scandaleux, pêle-mêle, le caractère héréditaire à la fois d'une orientation sexuelle comme l'homosexualité, aussi bien que d'une perversion comme la pédophilie ou que du suicide des jeunes dont les causes sont multiples.

Peu importe que l'homosexualité résulte en partie ou pas du tout d'un quelconque déterminisme génétique, avec le professeur Sarkozy, les personnes LGBT sont en danger.

 

Par Désirs d'amour - Publié dans : desirsdamour
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Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /2007 12:26

Adeline HAZAN, Secrétaire nationale aux Droits de l’Homme et Libertés et François VAUGLIN, Délégué national aux questions LGBT, ont publié cette tribune le 20 avril 2007.

Pourra-t-on demain, comme dans d’autres pays de l’Union européenne, voir deux hommes ou deux femmes s’unir devant le Maire ? L’évocation de cette simple question semble créer un étonnant traumatisme chez les responsables politiques de la droite et du centre. Pour eux, le mariage serait l’union d’un homme et d’une femme, dans le but unique de procréer. Fin du débat.

Tentons encore, à quelques jours de l’élection présidentielle, de les convaincre du bien fondé de ces réformes de société. Car il est vrai qu’avec le temps, tous se sont accordés à reconnaître que le pacs est une réussite et qu’il ne procède pas de la réponse à une revendication communautariste mais bien de l’évolution cohérente d’une société progressiste. Combien de temps devrons-nous attendre cette fois-ci pour que les faits nous donnent raison et voir la droite changer d’avis, au moins en façade ?

Les doutes sur cette évolution ont d’ailleurs été partagés partout, à droite comme à gauche, dans tous les partis - mais avec des raisons différentes à gauche ou à droite. Dans un tel débat, les dogmes n’ont pas leur place, pas plus que l’invective ou la stigmatisation. On peut être hostile au mariage sans être homophobe, mais son ouverture aux couples de même sexe nécessite tout de même de poser quelques questions.

Cette évolution est le fruit d’une longue réflexion à gauche, allant de la dépénalisation de l’homosexualité en 1982 à la lutte contre les discriminations en 1985, 1989 et 1992, puis arrivant à la création du pacs en 1999. Il est temps aujourd’hui d’affirmer que l’égalité des droits est enfin possible. En amenant le parti socialiste à se prononcer dès le mois de mai 2004 pour l’ouverture du mariage et de l’adoption au nom de l’égalité des droits, nous avons fait le choix du débat et de la concertation pour pouvoir changer la loi.

Aujourd’hui, un pacs est signé pour 3,5 mariages. Pourquoi le pacs a-t-il connu un tel succès ? Ce statut a enfin fait du couple une finalité en soi, car il fallait bien dire dans la loi que l’union de deux personnes n’a pas nécessairement pour seul horizon la transmission de la vie ou du patrimoine. Il fallait cette reconnaissance légale pour dire aussi que tous les couples sont égaux. L’amour qui lie deux personnes n’a pas de sexe, ni d’orientation sexuelle.

Nous avons réfuté à l’époque la voie d’un sous-mariage, tout comme nous refusons aujourd’hui le projet d’union civile proposé par Nicolas Sarkozy et François Bayrou, union factuellement réservée aux seuls homosexuels. Car en créant un statut identique au mariage sauf sur le plan de la filiation, les couples hétérosexuels n’auraient évidemment aucune raison de signer un tel contrat plutôt qu’un mariage.

Ce projet d’union civile donne donc des droits spécifiques à une population particulière. C’est une démarche communautariste, et qui enferme. Il faut le dénoncer fortement car le seul critère de cet enfermement serait l’orientation sexuelle. C’est d’une grande violence symbolique : un sous-mariage réservé aux homosexuels, c’est un sous-statut pour des gens traités comme des sous-citoyens. Il s’agirait alors d’une législation homophobe.

Cette proposition portée tant par Nicolas Sarkozy que François Bayrou insiste sur la différence sexuelle quand l’important est dans le projet de vie. Introduire dans la loi une hiérarchie entre les couples est une attaque sournoise contre notre modèle républicain et un grave recul pour le principe d’égalité.

François Bayrou a voulu faire plus que cela pour mieux marquer sa différence. Dans un mouvement louable de reconnaissance de la situation d’enfants élevés par des couples de même sexe, il propose d’ouvrir l’adoption simple de l’enfant du partenaire - rejetant dans le même mouvement l’accès à l’adoption plénière et s’opposant à l’adoption conjointe par des couples de même sexe ou non mariés.

Cette posture constitue en réalité d’un leurre terrible qui créée une hiérarchie entre les parents. Prenons un exemple parmi d’autres : un couple de femmes conçoit un enfant par procréation médicalement assistée en Belgique. Celle qui porte l’enfant aura un lien de filiation avec son enfant. Si l’autre mère bénéficie d’une adoption simple de l’enfant, elle n’aura qu’un statut révocable qui ne donne que des droits inférieurs en matière successorale. Au final, cette proposition revient simplement à déplacer l’inégalité actuelle, qu’elle soit entre les parents ou entre les enfants. Voilà le résultat lorsqu’on tergiverse avec les droits et que la morale traditionnelle passe avant l’égalité républicaine.

Sur l’homoparentalité, le débat semble habité par les clichés et la raison passe par pertes et profits. Plusieurs dizaines de milliers d’enfants sont élevés par un couple de même sexe : c’est un fait social constaté par l’INED. Cela devrait permettre une évolution des mentalités sur cette question, tant il nous semble scandaleux de maintenir, au nom de dogmes symboliques, une inégalité de droit entre des enfants selon la composition du couple de leurs parents. Car c’est bien de l’intérêt de l’enfant dont nous parlons, et non d’une vision idéalisée et dogmatique de la famille.

Alors posons les bonnes questions, parlons ce langage de la vérité cher à Nicolas Sarkozy. Un homosexuel serait-il par nature inapte à élever un enfant ? L’adoption par une seule personne est possible depuis plus de quarante ans sans que l’orientation sexuelle n’en soit un critère - et nombreux sont les exemples d’adoption par une personne homosexuelle. Va-t-on nous expliquer que ça ne marche pas ?

Un couple homosexuel serait-il par nature inapte à élever un enfant ? Les dizaines de milliers d’enfants élevés par deux hommes ou deux femmes seraient heureux de l’apprendre ! Plus sérieusement, trois cents études sociologiques ont été recensées sur ce sujet en France. Aucune n’arrive à une telle conclusion. Cette question est désormais bien connue et largement étudiée par les spécialistes de la famille et de l’enfant, et tous s’accordent sur le banal constat que les couples de même sexe forment des parents ni pires ni meilleurs que les couples hétérosexuels.

Faut-il un référent masculin et un référent féminin pour élever un enfant ? Alors dépêchons-nous d’interdire les familles monoparentales ! Faut-il concevoir la famille comme un enfermement et méconnaître la réalité pour imaginer que l’enfant élevé par un couple homosexuel serait coupé du monde au point qu’il ne pourrait nouer de rapport affectif avec des personnes du sexe opposé à ses parents ? L’école, la famille, les amis sont autant de viviers dans lesquels l’enfant puise des modèles adultes des deux sexes pour la construction de sa personnalité.

À vrai dire, il est heureux que les questions liées au couple homosexuel et aux familles homoparentales se soient invitées dans la campagne présidentielle, car cela permet aux candidats de préciser leurs conceptions de la famille, du couple, de l’enfant, dans notre société, et de dessiner au passage un vrai clivage gauche-droite.

Au nom de l’égalité des droits, l’ensemble de la gauche est rassemblé sur les propositions portées par Ségolène Royal pour la lutte contre l’homophobie, l’amélioration du pacs, et l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples de même sexe.

Au nom de la prééminence des symboles, l’ensemble de la droite persiste dans son refus de la reconnaissance du fait social homoparental. Et force est de constater qu’au-delà de l’aggiornamento de convenance sur le pacs, l’UMP et l’UDF donnent une nouvelle illustration de leurs convergences politiques : ils n’acceptent toujours pas cette reconnaissance moderne du couple, l’un et l’autre cherchant en réalité sa disparition.

La solution est pourtant simple : il suffit de reconnaître humblement avec Ségolène Royal que la famille, cellule essentielle de notre société, n’est pas un moule virtuel qui enferme, mais un lieu symbolique, accueillant et ancré dans une réalité vivante, qui se conjugue harmonieusement au pluriel.

Retrouvez cette tribune :
http://libertes.parti-socialiste.fr/2007/04/20/le-temps-de-l%e2%80%99egalite-des-droits/
http://www.reformer.fr/article.php3?id_article=273

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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /2007 08:51

Depuis cinq ans, Act-Up Paris dénonce les conséquences désastreuses de l’action de Nicolas Sarkozy sur la politique de santé publique.

A travers sa campagne "Nicolas Sarkozy 2007-2012 : nous n’y survivrons pas.", Act-Up Paris a alerté l’opinion publique sur les dangers que représente son programme pour les malades et l’égal accès de touTEs au système de soins.

Aujourd'hui, Act-Up Paris appelle à voter pour Ségolène Royal !

[Voir l'article sur le site d'Act-Up Paris.]

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