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Samedi 31 mars 2007
medium_9782012372467.gif"200 mots pour changer la France" : Ségolène Royal se livre sur une multitude de sujets dans l'ouvrage "Maintenant" qui vient de paraître. Parmi les 200 mots : ADOPTION, MARIAGE HOMOSEXUEL, PROCRÉATION MÉDICALEMENT ASSISTÉE...

ADOPTION

Aujourd'hui, en France, un célibataire peut adopter un enfant mais pas un couple concubin. Trouvez-vous cette loi juste?

Lorsque j'ai réformé la loi sur l'autorité parentale, j'ai insisté sur l'égale responsabilité des deux : parents quel que soit le statut de leur couple (marié, concubin, divorcé ou séparé). Or que se passe-t-il aujourd'hui quand deux: personnes qui vivent ensemble sans être mariées veulent adopter? Seule l'une d'entre elles peut entreprendre les démarches, comme si elle était célibataire, et sera donc juridiquement reconnue comme parent unique. C'est d'autant plus ridicule que, par ailleurs, la loi reconnaît le concubinage et le P ACS et qu'elle ouvre le droit à la procréation médicalement assistée à un couple de concubins vivant ensemble depuis plus de deux: ans. De plus, le droit français a établi une complète égalité entre les enfants nés dans le mariage et ceux: issus d'une union libre. Empêcher un couple de concubins d'adopter est donc discriminatoire, décalé par rapport à l'évolution des familles et nullement conforme à l'intérêt des enfants. Une fois encore, la société est en avance sur les lois et les pratiques administratives.

Aux Pays-Bas, un couple homosexuel peut adopter un enfant. Au Danemark, un homosexuel a le droit d'adopter l'enfant adopté de son partenaire. En Angleterre, un couple d'homosexuels peut exercer l’autorité parentale. Quelle est votre position sur ces questions?

J'ai toujours considéré que la responsabilité éducative qui incombe aux parents est distincte de leur choix de vie personnel, qu'ils soient mariés ou non, qu'ils vivent ensemble ou séparément et qu'ils soient hétérosexuels ou homosexuels. C'est pourquoi, lorsque j'étais ministre de la Famille, j'ai considéré l'Association des parents gays et lesbiens comme un partenaire au même titre que les autres associations familiales. La loi sur l'autorité parentale votée sur ma proposition s'applique aux parents de même sexe comme aux autres.

Je crois qu'une politique familiale juste et efficace suppose des principes clairs et des règles qui s'appliquent à tous. Ces principes, pour moi, sont l'égalité des droits et des devoirs des parents, le refus de toute discrimination et l'intérêt de l'enfant. Cela fait partie de ce que j'appelle la république du respect. Comme vous le disiez, en effet, un grand nombre de pays européens reconnaissent une possibilité de parentalité partagée par des parents du même sexe (notamment en Allemagne, en Angleterre, aux Pays-Bas, en Norvège, au Danemark, en Finlande...) et la possibilité d'adopter pour un couple homosexuel (en Espagne, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Scandinavie...). En France, quelques décisions d'adoption simple mais pas plénière ont été rendues pour des couples homosexuels, mais les jugements varient selon les juridictions.

Ainsi, certains préjugés ont reculé et les mentalités continuent à évoluer, même s'il reste encore du chemin à parcourir. De nos jours, une majorité de Français acceptent l'idée du mariage homosexuel. Ils sont, en revanche, un peu plus réticents sur l'adoption. Il faut continuer à convaincre car l'orientation sexuelle est sans lien avec les capacités parentales.

(…)

MARIAGE HOMOSEXUEL

Le mariage homosexuel est autorisé aux Pays-Bas, en Belgique ou encore en Espagne. Vous étiez contre puis récemment pour. Que s'est-il passé?

Vous êtes mal informée sur ma position ! Je n'ai jamais été contre le mariage des homosexuel(le)s, mais j'aurais préféré le mot « union ». Je sais que, pour une question de virgule mal placée dans la retranscription d'une rencontre avec des lecteurs du Parisien, on m'a fait dire que, pour moi, la famille traditionnelle, c'était un homme et une femme, alors que je citais ce que, traditionnellement, on tient pour ... traditionnel! J'ai été, je l'avoue, surprise qu'on me prête une conception de la famille si différente de l'idée que je m'en fais : diverse, plurielle, affranchie du modèle unique d'antan. Cela dit, j'ai pris le temps de réfléchir car les sujets qui touchent à la famille, souvent complexes et délicats, le méritent. Je n'ai, en revanche, jamais approuvé la gadgétisation médiatique du mariage homosexuel car j'ai toujours pensé que le débat méritait plus de sérénité.

Je n'accepte aucune forme de discrimination, ni celles qui prennent prétexte de la préférence sexuelle ni les autres. Je suis pour l'égalité des droits et c'est à ce titre que je ne vois aucune raison valable de refuser la possibilité de se marier à des couples homosexuels qui souhaitent officialiser leur union comme n'importe quels autres. Je me suis souvent adressée aux parents en leur demandant s'ils auraient le cœur de s'opposer au choix de vie de leur enfant si tel était son bonheur. La majorité des Français est d'ailleurs prête à accepter cette réforme.

(…)

PROCRÉATION MÉDICALEMENT ASSISTÉE

En France, contrairement à la Belgique, à l’Espagne et aux Pays-Bas, la procréation médicalement assistée est réservée aux couples stériles. Et donc interdite aux femmes célibataires. Qu'en pensez-vous ?  

Je fais d'abord un constat. Les femmes françaises célibataires qui en ont les moyens se rendent à l'étranger et bénéficient de la procréation médicalement assistée. Facilement contournée, l'interdiction en France est donc largement inopérante, voire hypocrite.

Je sais combien prendre la décision d'avoir un enfant est un engagement fort, une responsabilité pour toute la vie. Mais est-ce au législateur de décider qui est digne ou qui n'est pas digne d'avoir un enfant ? D'autant plus qu'une femme célibataire peut aujourd'hui adopter un enfant et fonder parfaitement légalement une famille monoparentale. Je pense donc que notre législation doit évoluer et je crois savoir que le comité d'éthique réfléchit à cette question.

Par Désirs d'amour - Publié dans : desirsdamour
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Mardi 27 mars 2007

Réaction de l’association Flag ! suite aux propos de Nicolas Sarkozy, ancien Ministre de l’Intérieur sur la sensibilisation des Policiers au problème de l’homophobie

Flag !, l’association des Policiers gay et lesbiens, souhaite apporter quelques précisions utiles suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy concernant les mesures concrètes, prises à son initiative, en matière de formation contre l’homophobie au sein de la Police Nationale.

En effet, interrogé par l’Inter-Lgbt sur la politique qu’il compte mener quant à la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre dans la fonction publique et les entreprises publiques, l’ancien Ministre candidat à l’élection présidentielle indique « qu’il a mis en place, à son initiative, des modules de formation dans la Police Nationale pour sensibiliser les forces de l’ordre à cette question ».

Nicolas Sarkozy doit oublier que le Ministère de l’Intérieur a précisément reculé sur la mise en place de ce module, qui représente pourtant l’une des principales demandes de Flag ! depuis 5 ans.

En effet, Flag ! rappelle qu’après avoir eu l’accord de la Direction de la Formation de la Police Nationale sur la présentation d’un module de 2 heures proposé par notre association, le Ministère a préféré reculer sur ce projet et proposer un cours plus général sur l’ensemble des discriminations incluant l’homophobie.

Flag ! déplore depuis plusieurs mois maintenant l’absence de prise en considération de la question de l’homosexualité et de la problématique de l’homophobie au sein du Ministère de l’Intérieur.

Le candidat oublie également que ce module concernerait uniquement les Gardiens de la Paix. Rien n’a été prévu pour le corps des Officiers et des Commissaires.

A en juger des problèmes dont Flag ! a été saisi ces dernières années visant ces deux corps, il y a pourtant urgence à agir !

Dans cette même réponse, Nicolas Sarkozy emploie le terme de « préférence sexuelle ». C’est ce même terme qui fût retenu dans le dernier Règlement Général d’Emploi visant à prohiber les comportements homophobes dans la Police Nationale.

Flag ! avait pourtant préconisé l’expression « orientation sexuelle ».

Aux vues des propos employés par l’ancien Ministre, on comprend pourquoi le terme est finalement resté dans le document final.

Nicolas Sarkozy indique également avoir pris des dispositions pour que, je cite :« les forces de l’ordre fassent preuve d’une extrême sévérité à l’encontre de tout acte homophobe ».

Dans le cas présent encore, notre Ex Ministre utilise un raccourci historique.

Si nous avons obtenu son soutien lors d’une affaire importante d’homophobie dans un service parisien en 2003, la note de service rappelant aux policiers leur comportement vis-à-vis des minorités, notamment les homosexuels, demandée depuis 5 ans par Flag ! s’est longtemps fait attendre. Celle-ci n’est parvenue dans les services qu’en octobre 2006 et ce après un travail de longue haleine avec le Ministère et de multiples rencontres auprès de ses conseillers.

Pour mémoire, elle visait à rappeler l’ensemble des dispositions pénales relatives à la lutte contre l’homophobie, informait les fonctionnaires de l’existence de la Halde et de la modification du Règlement Général d’Emploi. Enfin, cette note demandait à toutes les Directions de mettre à la disposition de Flag ! des panneaux afin que puissent être affichée notre campagne de sensibilisation contre l’homophobie.

Sa diffusion est loin d’être parfaite puisque que Flag ! constate que son application dans certaines directions n’a toujours pas eu lieu.

Nous sommes donc obligés d’en vérifier la mise en place en prenant attache avec les Directeurs Centraux et Départementaux.

En matière de discriminations subies par les personnes séropositives, Monsieur Sarkozy dit savoir que « la peur, le manque d’information, la méconnaissance de la maladie et les tabous liés au VIH et le sida entraînent la stigmatisation et la discrimination des personnes qui sont séropositives ». Il précise que « la peur de la discrimination peut parfois empêcher de demander des soins ou de dire ouvertement qu’on est atteint ».

Flag ! s’interroge sur le fait que ni lui ni ses prédécesseurs n’ont agit pour que les personnes séropositives ou malades du Sida ne soient plus, comme c’est encore trop souvent le cas aujourd’hui, mis « au placard » dans nos services avec comme leitmotiv « le principe de précaution ».

Flag ! déplore que ce comportement oblige trop fréquemment nos collègues à informer l’administration de leur état de santé le plus tardivement possible et fragilise encore plus leur santé morale et physique.

De plus, Flag ! dénonce l’absence cruelle d’actions de prévention par les sous directions à l’action sociale.

Enfin, Flag ! regrette une nouvelle fois, qu’après 4 ans passés Place Beauvau, Monsieur Nicolas Sarkozy s’est toujours refusé à nous rencontrer malgré nos relances régulières.

Alain PARMENTIER

Président de FLAG !

Par Désirs d'amour - Publié dans : desirsdamour
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Dimanche 25 mars 2007

Une question sur l'homoparentalité a été posée à Ségolène Royal dans le cadre du "chat vidéo" tourné à Marseille jeudi dernier, 22 mars 2007. Une vidéo à regarder avec attention, de 00:19:40 à 00:21:15 : elle y défend le respect et l'égalité des droits avec simplicité et conviction.

 

 

Par Désirs d'amour - Publié dans : desirsdamour
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Lundi 19 mars 2007

Ségolène Royal a répondu aux questions de Têtu, dans le numéro daté d'avril 2007. Retrouvez ci-dessous le texte de l'interview !

Têtu : Depuis notre rencontre en juin dernier, où vous aviez pris position sans nuance pour l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe, vous avez été investie par les militants socialistes. À l’occasion des débats participatifs que vous avez menés depuis novembre, avez-vous été interro­gée par des homosexuels ? Sur quels sujets portaient leurs interrogations ?­­­

Ségolène Royal : Bien sûr ! Je n’ai naturellement pas participé aux 6 000 débats qui se sont tenus dans toute la France mais les homosexuels s’y sont exprimés, comme tous les citoyens qui l’ont souhaité, pour faire part de leur vécu, de leurs propositions et de leurs attentes. Je sais aussi que des «Cafés Ségolène» ont été organisés par l’association Homosexualités et socialisme. À la lecture des comptes rendus de tous ces échanges, j’ai perçu dans les interrogations une forte demande en faveur d’une société qui ne les rejette plus, que ce soit au sein de leur famille, au travail ou à l’école. Une société qui leur assure respect et protection contre les violences homophobes ou les traitements discriminatoires, certes, mais aussi tout simplement contre les comportements insultants, de rejet ou d’incompréhension. Sur les 135 000 contributions postées sur mon site Internet Désirs d’avenir, les homosexuels ont activement participé au forum «Construire sa vie» en appelant à la reconnaissance de leur droit à mener une vie d’adolescent, d’élève ou d’étudiant, une vie professionnelle, conjugale ou familiale qui soit une vie «comme celle des autres».

Dans votre programme présenté à Villepinte le 11 février dernier, vous défendez dans votre plan de lutte contre les discriminations «l’égalité de droits pour les couples de même sexe». Est-ce volontaire de ne pas citer explicitement le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels ou s’agit-il, pour vous, de défendre un programme plus large ?

Mais «l’égalité de droits pour les couples de même sexe» comporte évidemment le mariage et l’adoption ! Cette notion est cependant plus large, puisqu’elle concerne aussi toutes les réformes qui porteront sur le couple et, plus largement, sur les droits familiaux, sociaux, fiscaux, successoraux, etc. Je me suis, ainsi, déjà prononcée pour qu’à l’occasion de la réévaluation prochaine de la loi de bioéthique, la demande formulée par les couples de femmes d’accéder à l’assistance médicale à la procréa­tion soit examinée avec attention.

Certains candidats à l’élection présiden­tielle s’opposent à l’ouverture du mariage et défendent la création d’un nouveau contrat, séparé du Pacs, qui serait une union civile. Que pensez-vous d’une telle proposition ?

Je suis opposée à une telle proposition qui, parce qu’elle serait «réservée» à une catégorie de la population, me semble imprégnée d’une logique communautariste et discriminatoire. Le Pacs, voté par la gauche et dont, au demeurant, le succès ne se dément pas – plus de 500 000 Français ont conclu un Pacs depuis 1999 –, avait déjà rejeté cette logique en offrant une nouvelle forme de conjugalité ouverte à tous. Son succès confirme la justesse de cette approche.

Vous avez annoncé que si vous étiez élue, la première loi présentée au Parlement serait relative aux violences faites aux femmes. La réforme du mariage et de l’adoption pourrait-elle faire partie des priorités du début de votre quinquennat ?

Je me suis engagée à faire voter une loi contre les violences faites aux femmes dès mon élection, si les Français me font confiance, car il y a véritablement urgence. J’ai bien conscience du fort effet symbolique qu’aura le vote d’une loi ouvrant le mariage et l’adop­tion aux couples de même sexe. Je sais aussi à quel point cette loi est attendue par tous les parents qui, aujourd’hui, souffrent de ne pouvoir faire reconnaître leur lien avec les enfants qu’ils aiment et élèvent, parfois depuis de nombreuses années. Ils l’attendent avec d’autant plus d’espoir qu’ils ont vu, en raison de la jurisprudence récente de la Cour de cassation, se fermer à eux la porte de l’adoption simple. Le vote de cette loi est important aussi, car il consacrera l’égalité entre enfants, quelle que soit leur configura­tion familiale. Il interviendra donc rapidement. Il marquera enfin le terme d’une trop longue exclusion des homosexuels. J’en comprends bien l’urgence, mais il ne faut pas pour autant négliger la négociation de ce virage essentiel : il faudra prendre le temps de l’explication aux Français. Il ne sera pas long mais il sera décisif pour que le vote de la loi s’accompagne vérita­blement d’une large prise de conscience par tous de la nécessaire fin des discriminations.

Passons à une question grave, déjà évoquée avec les candidats en 2002 : le taux élevé de suicide chez les jeunes gays et lesbiennes. Quelles mesures proposez-vous pour lutter contre ce phénomène ?

Mettre fin à la stigma­tisation dont sont victimes les homosexuels suppose des lois, bien sûr, s’appuyant sur les principes d’égalité et les valeurs de respect, qui les affirment haut et fort : des lois positives accordant de nouveaux droits et de nouveaux devoirs et des lois répressives envers l’homo­phobie. Mais cela est insuffisant : l’impératif est de faire de la lutte contre les discrimina­tions, auxquelles les jeunes sont extrêmement sensibles et qui peuvent les conduire au suicide ou à des comportements à risques – et de la fin de ces discriminations –, un enjeu éducatif. C’est ce que j’ai commencé à faire en qualité de ministre de l’Enseignement scolaire lorsque j’ai inscrit la question de la lutte contre l’homo­phobie dans les instructions officielles. Ces actions devront être reprises avec détermina­tion en mobilisant l’ensemble des acteurs de la communauté éducative : direction des établis­sements, enseignants, personnels et, bien sûr, élèves et parents, à travers leurs associations. Les adolescents découvrant ou s’interrogeant sur leur orientation sexuelle doivent, au plus tôt, pouvoir être accompagnés et soutenus en cas de besoin afin de ne pas se trouver confrontés, dans la solitude, au rejet de leur famille ou de leur entourage. Dans le Pacte présidentiel que je propose aux Français, deux engagements vont en ce sens : l’intégration au cursus scolaire d’un programme d’éducation au respect de l’autre ainsi que le renforcement de la présence d’adultes dans les établissements, avec la dotation d’un poste d’infirmière et d’assistante sociale à temps plein. Enfin, le développement de la médiation familiale, à laquelle je crois beaucoup, sera de nature à faciliter l’apaisement des conflits, une meilleure compréhension et un retour du dialogue entre parents et adolescents.

Comment réformer le droit d’asile afin que les homosexuels persécutés dans leur pays d’origine puissent voir leur situation reconnue en France par l’Ofpra ?

Le droit d’asile ne doit pas être discriminatoire ; en conséquence, il doit s’appliquer pleinement aux personnes persécu­tées dans leur pays d’origine en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre et ce, en tenant compte non seulement des persécutions officielles telle que la criminalisation de l’homosexualité mais également, lorsqu’elles sont avérées, des persécutions de fait.

Selon vous, quel rôle doit jouer la France sur un plan international contre la pénalisa­tion de l’homosexualité ? Avez-vous signé la pétition lancée par le comité Idaho à ce sujet ou comptez-vous le faire ?

J’ai bien sûr signé la pétition du comité Idaho qui fait un travail considérable en faveur de la reconnaissance de la Journée mondiale contre l’homophobie et de la dépénalisation de l’homosexualité. Je veux l’en saluer ici. La France quant à elle doit retrou­ver son rôle moteur sur la scène internationale et renouer avec sa vocation en matière de défense des droits humains. Si les Français me font confiance, elle agira dans toutes les instances où elle est présente pour promouvoir l’universa­lité de sa conception de l’égalité : égalité entre les peuples, égalité entre hommes et femmes et égalité des sexualités. Ce combat passe par la condamnation ferme et explicite de la pénalisa­tion de l’homosexualité partout où elle existe. Un soutien sera également apporté aux initiatives internationales en faveur d’une reconnaissance formelle de l’égalité des droits des homosexuels. Je pense, par exemple, à la déclaration histori­que présentée, en décembre, devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU par le représen­tant de la Norvège, qui condamne les violations des droits de l’homme commises en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre.

Plus d’un séropositif sur cinq déclare avoir des difficultés financières et au moins 35 % des séropositifs touchent une allocation adulte handicapé (AAH). Vous avez annoncé, dans votre pacte présidentiel, une revalori­sation immédiate de 5 % de l’AAH (environ 610 euros pour une personne seule). Est-ce suffisant pour lutter efficacement contre la précarité des personnes handicapées ?

S’agissant de l’allocation adulte handicapé, j’ai également proposé, en plus de son immédiate revalorisation de 5 %, une adaptation de ses conditions d’attribution aux maladies évoluti­ves à diagnostic incertain. Il convient, en effet, que soit mieux prise en compte la réalité de la situation des personnes atteintes et, notamment, le processus d’insertion professionnelle dans lequel elles peuvent avoir la volonté, la capacité ou l’opportunité de s’engager. Il est évident que le montant de cette allocation devra ensuite bénéficier d’une revalorisation progressive la rapprochant du Smic. Mais pour lutter contre la précarité des personnes en situation de handicap, d’autres mesures s’imposent dans le cadre d’une politique globale : un dispositif visant à faciliter une insertion professionnelle qui soit compatible avec les contraintes liées à l’état de santé, une offre de logement adaptée à la situation financière des malades, une offre de soins de qualité non-discriminatoire, en particu­lier à l’égard des étrangers.

Vous êtes favorable à l’accès aux médica­ments génériques dans les pays du Sud. La France a la possibilité de fabriquer des généri­ques mais les gouvernements successifs n’ont rien fait pour mettre en œuvre une telle production. Comptez-vous l’initier ?

Face à la catastrophe sanitaire mondiale que représente la pandémie de sida, la France pèsera de tout son poids, financier et diplomatique, dans les négociations internationales pour le déblocage d’une aide massive aux pays en développement et la production et l’acheminement de génériques en direction de ces pays. La France augmentera sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida. L’aide publique au développement sera progressivement portée à 0,7 % du PIB et se concentrera sur les enjeux majeurs que constitue la santé, avec l’eau, l’école et l’environnement. Il faudra mettre en place des dispositifs dits courts, c’est-à-dire qui permettront aux aides de profiter directement à des projets au bénéfice des populations : la formation de personnels médicaux en fait partie, ainsi que la mise en place de politiques de prévention. La France, par ailleurs, refusera tout frein à la distribution de génériques remettant en cause la primauté des exigences de santé publique.

Vous proposez en matière de santé la «mise en œuvre d’un grand plan de prévention et de recherche des maladies graves, notamment pour le sida et le cancer». Quelles en seraient les grandes lignes ?

La politique des gouver­nements qui se sont succédé depuis 2002 en matière de prévention du sida a révélé son insuffisance criante ; il faut aujourd’hui remobi­liser les énergies et l’ensemble des moyens publics et privés dans plusieurs directions. Tout d’abord s’impose la mise en œuvre d’une politi­que de prévention qui soit ciblée et adaptée aux différents publics visés. Les associations auront toute leur place dans ces actions de prévention, aux côtés de l’État et des collectivités locales, dans leurs différents domaines d’intervention. Les conditions de réussite de ces actions et d’égalité réelle d’accès aux soins sont aussi de rapprocher prévention et médecine de tous les citoyens : à l’école, sur les lieux de travail mais aussi dans les zones rurales et les quartiers où il faut inventer de nouvelles structures de santé. J’ai proposé la création de «dispensaires», proposant des soins adaptés et gratuits dans les zones urbaines ou rurales où l’offre de soin est déficiente. La carte santé jeune, qui ouvrira un droit à la gratuité d’une consultation semestrielle à chaque jeune de 16 à 25 ans, contribuera aussi à l’efficacité de la prévention. La recherche, qui est aujourd’hui asphyxiée, constituera pour moi une véritable priorité nationale et bénéficiera d’un investissement massif : son budget progres­sera de 10 % par an. Le développement de la recherche sera en outre au centre de la relance européenne et de «l’Europe par la preuve» que je souhaite promouvoir. Pour relever le défi du sida, le soutien financier volontariste à la recherche se fera pour toutes les dimensions de la maladie (recherche d’un vaccin, recherche sur les traite­ments, recherche sur les aspects sociaux, psychologiques, culturels, de l’épidémie).

Beaucoup s’accordent à dire que cette élection présente aux citoyens, de manière assez inédite, un vrai choix de société ? Quelle est la société que vous défendez ?

Effectivement, je crois que les Français et les Françaises sont devant un choix de ce type. En ce qui me concerne, avec le Pacte présidentiel que je leur ai proposé après les avoir longuement écoutés, c’est une société plus juste et une France plus forte que je défends. Dans une dynamique de progrès pour tous et de respect pour chacun, la France retrouvera la confiance qui nous fera aller de l’avant. Une société où chacun a sa place, quels que soient ses origines, son sexe, son orientation sexuelle, son âge ou son handicap, et dont la devise inscrite au fronton de ses mairies correspond à la réalité vécue : voilà ce que je propose aux Français de construire ensemble.

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Mardi 27 février 2007

Ségolène Royal a mis la lettre d'HES à Têtu sur la page d'accueil de son site officiel !

A la lecture de l’éditorial publié dans le Têtu de mars 2007 sous le titre « On a gagné ! », HES a adressé le courrier qui suit au directeur de la rédaction.

L’ouverture du mariage aux couples de même sexe et la reconnaissance de l’homoparentalité sont les prochaines étapes d’une très longue marche. Elle a débuté dès les années 1960. Elle nous a conduits en 1981 à la fin de la répression des homosexuels. Elle nous a menés au PACS en 1999. Nous la poursuivrons jusqu’à l’égalité réelle entre tous les couples. Et nous savons qu’au-delà de cette égalité formelle, il nous faudra lutter longtemps contre l’homophobie à l’école, au travail, dans la rue, en France et partout dans le Monde.

L’ouverture du mariage aux couples de même sexe et la reconnaissance de l’homoparentalité ont fait l’objet de propositions de loi déposées par les socialistes à l’Assemblée nationale. La gauche les a déjà mises en œuvre dans plusieurs pays européens. Elles comptent parmi les 100 mesures du pacte présidentiel de Ségolène Royal : « Mesure 87. L’égalité des droits pour les couples de même sexe ». Nous voulons, pour notre société, que triomphent les valeurs de notre République laïque : la liberté de choisir sa vie, l’égalité entre tous, la volonté de vivre ensemble.

Le ministre de l’Intérieur propose de réserver le mariage aux hétérosexuels. Il propose de ne réserver la protection qu’il apporte qu’aux enfants élevés par un homme et par une femme. Nous n’oublions pas les efforts de sa conseillère spéciale Christine Boutin pour lutter contre le PACS. Nous n’oublions pas le rapport parlementaire hostile à la reconnaissance de l’homoparentalité qu’a rédigé sa porte-parole Valérie Pécresse. Nous n’oublions pas que des centaines de parlementaires qui le soutiennent se sont engagés à s’opposer à tout projet d’ouverture des institutions de la République aux couples de même sexe et à leurs enfants. Nous n’oublions pas que Christian Vanneste, condamné pour homophobie, représente l’UMP à la commission des lois de l’Assemblée, et qu’il compte sur l’UMP pour s’y faire réélire lors des prochaines élections législatives. Et nous n’oublions pas que ce sont les amis du ministre de l’Intérieur qui sont responsables des difficultés vécues par les lesbiennes, gays, bi et trans dans plusieurs pays d’Europe.

Qu’en cette matière, le projet de Ségolène Royal devance les promesses du ministre de l’Intérieur, cela ne nous surprendra pas. Il s’agit d’adapter notre République aux évolutions de notre société. Il s’agit de tordre le cou aux conservatismes. Il s’agit de mettre en œuvre le principe de l’universalité des droits dans un Etat laïc. La gauche est bien de gauche et la droite est bien à droite. La surprise n’est pas là.

Nous le savons, le ministre de l’Intérieur n’hésite pas à vendre sa candidature différemment selon la clientèle identifiée, avec un message adapté et devant des médias sélectionnés. Malgré l’absence de tout engagement de sa part en faveur de l’égalité des droits, la cible des gays et des lesbiennes est manifestement un des segments de l’électorat qu’il a voulu démarcher spécifiquement. Pour diffuser des images susceptibles de faire illusion, il a réuni, un dimanche soir dans une boite de nuit parisienne, des entrepreneurs qui se nourrissent d’une clientèle de gays et de lesbiennes. Cela est démonstratif de la méthode.

Mais cela n’aurait pas dû vous conduire à oser, sous le titre « on a gagné », un éditorial annonçant peu ou prou la fin du combat pour l’égalité des droits en France. Les projets présidentiels se vaudraient ? Le mariage ne serait qu’un mot ? L’homoparentalité ne serait qu’un mirage ? La poignée de main du ministre de l’Intérieur équivaudrait aux engagements plusieurs fois confirmés de Ségolène Royal ? Comment le représentant d’un média aussi averti peut-il se laisser séduire par des images aussi dégradantes de l’homosexualité réduite à d’insupportables clichés, qui n’illustrent qu’une absence de proposition ?

Les lesbiennes, les gays, les bi et les trans sont des citoyens qui votent selon leurs opinions politiques, et non selon leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Mais ils savent que l’égalité des droits se cherche à gauche. A droite, on isole des communautés et on ne propose pas de projet de société pour les réunir. On y entretient les clichés et on se berce d’illusions.

Par Désirs d'amour - Publié dans : desirsdamour
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